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Le
projet Skizotronic à été réalisé
au Vidéographe en juin 2005, lors d'une formation d'appoint en
interactivité. Ce projet d'installation vidéo/sonore interactive,
est un premier essai sur le sujet de la schizophrénie. J'ai utilisé
dans ce cas, des outils des médias interactifs afin d'explorer
un mode de représentation de quelques symptômes spécifiques
de la schizophrénie.
Mon objectif était d'illustrer 1) un symptôme vécu
par les schizophrènes, qui est la confusion entre la réalité
et la fiction, puis 2) un second symptôme qui découle du
premier qui est de penser que les messages véhiculées par
la télévision s'adressent directement à leur personne,
et 3)un troisième qui est l'hallucination auditive vécue
par certains schizophrènes de sons et d'une voix qui leur dit des
insultes.
J'ai procédé en mettant d'abord l'emphase sur un objet réel
concret, un vieux téléviseur noir et blanc diffusant de
la neige (non-émission). En s'approchant en face du téléviseur,
celui-ci se met à diffuser des animations de forme rectangulaire
tridimensionnelle, générées par ordinateur, rappelant
l'imaginaire de la réalité virtuelle informatique. Après
un certains temps de fixation du téléviseur, l'installation
se met en mode « paranoïa ». Dans ce mode,
sur un grand écran vidéo apparaissent des téléviseurs
imaginaires, signifiés par des images de dessins de carton de téléviseurs
dans lesquelles on voit et entend une narratrice qui insulte le visiteur
de l'installation. En arrière plan, il y a la neige qu'on voyait
plutôt sur le téléviseur. Aussi le son de la neige(white
noise) est amplifié par le système de son quadraphonique
de l'installation rendant l'atmosphère lourde. Si le visiteur se
déplace sur la surface devant le grand écran vidéo,
un nouveau téléviseur apparaît lançant une
nouvelle insulte.
Les téléviseurs s'accumulent ainsi que les insultes jusqu'à
ce que le visiteur quitte l'installation. Le son agressant suit aussi
les déplacements du visiteur. Lorsque qu'un certain niveau d'intensité
est atteint des insultes et du bruit est maintenu, l'image de la narratrice
est renvoyée dans le téléviseur réel. Le visiteur
peut alors prendre dans ses mains le téléviseur et secouer
son bourreau psychologique (l'image de la narratrice). Pour donner l'impression
qu'on secoue le contenu de l'émission, des détecteurs de
distance installés en haut du téléviseur permettent
un recensement des mouvements du téléviseurs qui sont traduit
dans l'image par un mouvement des formes tridimensionnelles et un éclatement
temporelle de la vidéo qui y joue. Par cette double mise en abîme,
et le déplacment émotif vers l'objet, ce moment se veut
la représentation de l'apogée d'une d'une crise psychotique
paranoïaque où l'objet et son contenu se sont complètement
confondus.
Ma recherche sur la schizophrénie et sa représentation médiatique
se poursuit avec le projet La tanière
actuellement entamé avec l'artiste-cinéaste Jeanne Leblanc.
info:
danny@danslchamp.org |